Dimanche, nous décidons de mettre notre temps libre à profit pour nous rendre au lac XXX, un peu au Nord du centre ville. Mine de rien, on se sent plutôt OK pour une journée plus calme, plus soft au niveau
parcours… Arpenter les rues d’un centre-ville en pleine effervescence, on ne fera pas ça trois jours d’affilée. .. Le lac est magnifique, calme et serein. Un sanctuaire flottant, tout d’or vêtu, nous y accueille, et nous arpentons doucement les ponts de teck qui surplombent l’eau. Au détour d’un virage sur un des ponts, nous
apercevons au loin la Paya Shwedagon, qui se reflète sur les eaux calmes. Ce pays ne sera donc vraiment qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté? Nous le pensons, assis face à la Paya, quand soudain une
puis deux puis trois grosses gouttes de pluie nous tirent de notre torpeur. Une vraie pluie de mousson s’abat d’un coup sur nous!! Nous trouvons un abri de fortune sous de gros palmiers, mais nous ne
tiendrons pas longtemps. Heureusement pour nous, la magie du Myanmar opère à nouveau, sous la forme de 2 étudiants qui nous proposent immédiatement leurs parapluies pour nous accompagner jusqu’à l’abri le
plus proche. Leur plaisir de nous aider est palpable, et pour nous, ils sont un don du ciel. L’averse durera ½ heure… Merci à eux…
De retour dans le centre-ville, nous croisons le chemin de 2 voyageurs (1 Hollandaise et 1 Italien) avec qui nous partagerons notre dîner. L’anglais et la bière coulent à flots, tout va bien! De retour à la Guest, notre équipe s’enrichit d’un autre Hollandais et d’une Suédoise, avec qui nous décidons de suivre les conseils de notre hôte et de nous diriger vers une ruelle plutôt sombre qui abrite, selon lui, un bar local. En fait de bar, nous trouvons une sorte de garage aménagé dans lequel un groupe de birmans se tord de rire à essayer de
comprendre ce que nous voulons boire. Heureusement, le mot bière semble se faire comprendre correctement partout. C’est donc autour de verres bien frais que nous passerons quelques heures à discuter tous ensemble, au milieu des regards incrédules et des fou-rires locaux. Soirée mémorable.
Nous profitons de lundi pour nous détendre, trouver un accès Internet potable pour publier notre dernier post, et découvrir le « centre commercial » (les guillemets ici ont toute leur importance) et flâner
encore un peu dans les ruelles encombrées. Top départ mardi midi, c’est parti pour 18h de bus depuis la capitale vers la plage de Ngapali, au Sud-ouest du pays. Nous voyageons avec notre pote Oscar, un des Hollandais rencontrés ici, qui nous accompagnera un moment! Ce voyage, disons-le franchement, sera
insupportable. Un véritable enfer. Imaginez un bus à peu près normal, avec clim, sièges inclinables et télé en état. Imaginez aussi 3 pauvres touristes perdus au milieu des birmans crachant leur salive dans de petits sacs en plastique accrochés à leur siège, des clips d’amour birmans à la télé, volume 3500 décibels, quelques arrêts pipi seulement, un siège cassé pour M (le seul du bus évidemment), des contrôles de passeport à 3h du mat au milieu de nulle part avec policiers antipathiques, 0h de sommeil pour LT, une escapade dans un
fossé pour contourner un bus en panne sur la route… On en passe, et des meilleures…
Bref, nous vivons notre arrivée à Ngapali comme une libération suprême. Et pour cause : la plage est idyllique (la plus belle que nous ayons vue jusqu’à maintenant). Arrivés en milieu de matinée mercredi, nous passons la journée entre demi-sommeil et bains de mer, en attendant le sunset et ses couleurs envoûtantes. L’endroit est paradisiaque et note hôtel (avec ses chambres à 20$) n’a rien à envier aux complexes de luxe qui sont juste à côté!!! La haute saison n’ayant pas encore vraiment commencé ici, nous passerons les 3 prochains jours quasiment seuls avec Oscar. La plage est à nous, et nous en profiterons bien au-delà du raisonnable, tiraillés entre jus de fruits frais, cocktails bien serrés, et fruits de mer grillés, directement
sortis des filets!
Nous vivrons, jeudi en fin d’après-midi, une escapade mémorable dans le village de pêcheurs qui borde l’extrémité sud de la plage. Sur nos vélos, nous déambulons tranquillement le long de la seule route principale, au milieu des filets de poissons qui sèchent au soleil, des rires et des « Mingalabar » (bonjour) enjoués des habitants. C’est extraordinaire de voir à quel point ces gens sont pauvres, et de réaliser que notre passage les réjouit vraiment. Arrivés sur la plage, le poisson pêché s’amoncelle au soleil, et les bateaux arrimés attendent la nuit avec quiétude. L’odeur de poisson est très très forte, mais pas dérangeante. Quelques enfants s’approchent timidement de nous, et c’est bientôt une ribambelle de gamins en maillots de bain ou pyjamas qui viennent nous entourer, rire avec nous, prendre des photos avec nos appareils et éclater de rire en voyant les écrans, nous offrir des coquillages qu’ils ont ramassés ça ou là, grimper sur
nos vélos… Certaines mères vont même jusqu’à obliger M à prendre des photos avec bébés, enfants, familles.
Oscar me glisse quelque chose comme : « Tu vois, ces gens sont heureux comme ça, ils pêchent, vivent de leur travail, construisent leurs propres bateaux, se nourrissent et se logent correctement, et ont l’air heureux. Qui voudrait changer ça?» Je pense qu’il a raison, mais c’est tout de même difficile à envisager, que ça ne change pas. Un jour ou l’autre, le monde les rattrapera. Nous repartons les poches pleines de coquillages offerts, avec le sentiment d’avoir laissé derrière nous de vrais instants de bonheur à ces enfants, mais d’avoir reçu infiniment plus d’eux. Sentiment curieux, à mi-chemin entre joie de la découverte et
impossibilité de leur donner beaucoup plus, à notre niveau… Nous profiterons du sunset autour de quelques verres, dans un restaurant un peu particulier, qui se trouve encerclé par la mer à marée haute. Nous y repartirons dans une nuit noire, de l’eau jusqu’aux genoux, à parcourir la centaine de mètres qui nous séparent désormais de la plage ! Nôtre dîner est exquis, pris dans un petit restaurant de poissons en bordure de route. Nous avons décidément bien fait d’atterrir ici!! ;)





Marine, tu vas trop au soleil! Mille gros baisers.
RépondreSupprimerC fou !!! on se croirait dans une agence de voyages. Marine comment fais tu pour avoir tant de jolies tenues + boucles d'oreilles dans un si petit sac ? Kisses from ..
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